fond hivernales du festival

Royan De Marie NDiaye

Date

jeu 09 décembre 20h00

ven 10 décembre 20h00

Lieu

Grand Théâtre d'Angers

Heure

1h30

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Metteur en scène

Frédéric Bélier-Garcia

Distribution

Auteure Marie Ndiaye

avec Nicole Garcia

Mise en scène Frédéric Bélier-Garcia

Décor Jacques Gabel

Lumières Dominique Bruguière, assistée de Pierre Gaillardot

Son Sébastien Trouvé

Collaboration artistique Caroline Gonce, Sandra Choquet

Collaboration au jeu Vincent Deslandres

Costumes Camille Janbon

 

Production Les Visiteurs du Soir

Coproduction Festival d’Avignon, Compagnie Ariètis 2, Théâtre National de Nice – CDN Nice Côte d’Azur, La Criée Théâtre national de Marseille, Espace Jean Legendre, Théâtre de Compiègne, Théâtre de la Ville – Paris, La Comète – Scène Nationale de Châlons-en-Champagne, La Maison/Nevers, Scène conventionnée Arts en territoires en préfiguration, Théâtre de Villefranche-sur-Saône – Scène conventionnée art et création

Soutien à la résidence La Ferme du Buisson – scène nationale de Marne-la-Vallée, Espace Michel Simon – Noisy-le-Grand

 

Résumé

C’est une belle fin d’après-midi à Royan, une femme rentre chez elle dans la lumière dorée du boulevard. Elle vient du lycée où elle enseigne le français, quand elle perçoit les signes de la présence d’un couple, là-haut, sur son palier. Bien qu’ils ne parlent pas, elle les reconnaît. Ce sont les parents d’une de ses élèves. Elle ne veut pas les voir, pétrifiée tant par sa détermination que par les souvenirs qui la traversent. Dans ce double effort pour dire et mettre à distance une tragédie, elle parle de Daniela telle qu’elle l’a vue et beaucoup aimée et, plus encore, d’elle-même. Partant d’un fait divers, le suicide d’une adolescente victime de harcèlement scolaire, la romancière et dramaturge Marie NDiaye compose un monologue intérieur flamboyant. Écrit pour Nicole Garcia, Royan livre un portrait de la féminité tout en clair-obscur. Où le vertige des mots vient exprimer la dévorante violence des rapports humains et le prodigieux effort qu’il nous faut faire pour nous faire accepter du monde.

Note d’intention

Marie NDiaye raconte toujours à la fois un fait divers (ici le suicide d’une jeune fille dans un établissement
scolaire), les torsions du destin qui rendent cet acte possible (l’amour particulier de son enseignante), et la force opaque, sourde, qui relie ces êtres et rend cet incident à la fois effroyable et prodigieux. Et de cela jaillit,
transfiguré, un évènement à la fois quotidien, terrible et mystérieux.
Ici se raconte la défenestration d’une adolescente en son lycée à travers le souvenir, les craintes, les égarements, la biographie de sa professeure – qui ne veut ni ne sait comment s’en défendre, ni les expliquer à ses parents qui l’attendent devant sa porte.
Dans l’ombre de cette cage d’escalier, de Royan, où elle pense elle-même avoir semer son propre destin,
l’enseignante s’adresse à des êtres, venus lui demander du sens, et qu’elle ne veut voir. De ce dispositif,
surgissent le terrible et le faramineux des destins ordinaires, l’exploration des courages qu’il faut pour affronter le métier de vivre.
J’ai mis en scène trois pièces de Marie NDiaye, Hilda (son premier texte pour le théâtre, Prix de la Critique 2002), Honneur à notre élue, et maintenant La Vengeance m’appartient. Nous avons demandé cette nouvelle pièce à Marie, pour Nicole, avec juste quelques mots une solitude, une trahison, le souvenir.
Mettre en scène une pièce de Marie NDiaye, c’est mettre en mouvement, en image une pensée qui se déploie en
nœuds et fulgurances… une exploration intime, de l’intime, où le spectateur est happé dans ce qu’il ne distingue être un fait réel, un conte ou la poésie de son plus intérieur.

Frédéric Bélier-Garcia

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